Asprey, l’orfèvre londonien qui habille l’échiquier depuis deux siècles

Avatar de Héloïse Brassac-Morin

·

2 min de lecture

Peu de maisons peuvent revendiquer deux siècles et demi d’activité continue dans l’orfèvrerie de luxe. Asprey en fait partie : fondée en 1781 à Mitcham, dans le Surrey, par William Asprey, descendant d’une famille huguenote qui avait fui la France, l’entreprise s’est installée dès 1847 sur New Bond Street, à Londres, où elle est devenue l’une des adresses de référence pour la joaillerie, l’orfèvrerie et les objets de maroquinerie fine.

Une spécialité du beau geste quotidien

Ce qui distingue Asprey d’une simple maison de joaillerie tient à son positionnement : transformer des objets utilitaires du quotidien en pièces d’exception. Coffrets, nécessaires de voyage, plateaux, jeux de société — la maison a toujours cultivé cette idée qu’un bel objet n’a pas besoin d’être exceptionnel dans sa fonction pour mériter un traitement d’orfèvre. Cette approche lui a valu très tôt la reconnaissance de la cour britannique, avec des brevets royaux accordés par la reine Victoria en 1862 puis par Édouard VII en 1889, une distinction que la maison conserve encore aujourd’hui.

Le jeu d’échecs comme objet de commande

Cette tradition du bel objet fonctionnel s’étend logiquement au jeu d’échecs, matériel de jeu par excellence mais qui se prête tout autant à un travail d’orfèvrerie soigné. Asprey a ainsi réalisé un jeu d’échecs sur mesure commandé pour l’anniversaire de Ringo Starr en 1973, un exemple documenté de la manière dont la maison a su appliquer son savoir-faire de joaillier à un objet ludique plutôt qu’à une pièce purement décorative.

Cette logique de la commande sur mesure distingue Asprey des fabricants spécialisés dans le jeu de tournoi en série : chaque pièce répond à une demande précise plutôt qu’à un cahier des charges de compétition, ce qui explique la rareté et le caractère unique des jeux d’échecs sortis de ses ateliers.

Le parcours de la maison, ses commandes royales et ses réalisations contemporaines sont détaillés sur la page consacrée à Asprey sur Wikipédia.


Avatar de Héloïse Brassac-Morin

À lire aussi